Tic, maladie de cheval, est une Onomatopée, selon Ménage, parce que le cheval qui a le tic, reproduit ce bruit en frappant de sa tête contre sa mangeoire; et je crois que tic, dans le sens de caprice ou de manie, en est une acception figurée.

Tiqueté, s'est dit d'un corps taché de petits points, imprimés comme au hasard, et semblables aux meurtrissures qui résulteraient de petits coups dont ce mot rappelle le bruit.

Taquer ou Toquer, qui sont des mots populaires, ont été formés d'après cette racine, et le mot tact en est pris avec une grande extension, pour désigner tout ce qui a rapport à l'action du toucher.

Tâter, Tâtonner, à Tâtons, et autres termes de la même famille, n'ont pas une autre origine, et ont été construits, soit dans notre Langue, soit dans celles qui en offrent les équivalens, d'après le son naturel.

[TAFFETAS]. Il n'y a point de doute sur l'étymologie de ce mot, qui est prise dans le bruit de l'étoffe qu'il désigne. Dixose assi, dit Covarruvias, del ruido que haze el que va vestido della seda, sonando el tiftaf, par la figura onomatopeia. On a même écrit autrefois taffetaf, comme dans ce passage de la grande nef des Fous du monde: Les bourses comme pannetières, les ceintures de taffetaf, etc.

En italien, c'est taffeta, en espagnol taffatan, en grec moderne, taphata. Ménage prétend que taffata se retrouve dans la basse latinité, et Ducange y a vu taffetas et taffetin.

[TAMBOUR]. Chez les Latins tympanum, et dans la basse latinité tabur, taburcium et tamburlum; en arabe tabal et tambor, en italien et en espagnol tamburro; en allemand trommel, et l'homme qui bat la caisse tambour; en vieux français tabur, thabur, tabor et tabour, d'où taborer et tabourner. Rabelais et Regnier disent tabouriner, et le peuple tambouriner.

Ces mots sont faits du bruit éclatant de la caisse, et en général des bruits très-retentissans.

De la même racine, on avait tiré dans le vieux langage les mots tabut et tambusteis qui signifiaient grand tumulte et bruit assourdissant comme celui de la caisse.

Tarabuster, en est une dérivation figurée.