Toujours doit li fumier puir,
Et tahons poindre, et maloz bruire,
Envious, envier et nuire.

Ménage fait hanneton de tabanus, qui est le nom latin du taon, par un procédé bien bizarre. De tabanus, tavanus, tavanettus, vanettus, vanetto, vanetonne, nanettone, hanneton. Je crois qu'on peut établir, sans insulter à la mémoire de ce savant laborieux, qu'il n'y a rien de plus ridicule que ces étymologies arbitraires dont la filiation ne repose que sur des intermédiaires factices. Si hanneton n'est pas fait d'alis tonans, c'est peut-être une Onomatopée.

[TARABAT]. Instrument bruyant qui servait à appeler les Religieux aux Offices nocturnes.

Les Grecs ont dit thorubein, pour, faire du bruit, et thorubos, pour, tumulte ou fracas. Cette curieuse analogie n'a jamais été aperçue.

[TARIN]. Les Naturalistes pensent que le nom de cet oiseau a été fait d'après son chant; mais la variété de ses modulations a dû déterminer un grand nombre d'Onomatopées. En effet, les Grecs l'ont nommé thraupis, les Allemands zinsle, zeizel, zyséle, zyschen, zeisich, les Polonais csiseck, les Illyriens csisz, et les Anglais siskin. Nous l'appelons vulgairement scenicle, cinit, cerizin.

Tous ces mots, quoiqu'étrangers les uns aux autres, ont une racine naturelle.

[TETER]. C'est tirer avec la bouche le lait de la mamelle, et cette action produit un bruit dont le mot qui la désigne est emprunté.

Tette, qui n'est plus d'usage, mais dont les équivalens ont la même racine, et qui signifie l'endroit par où les animaux nourrissent leurs petits, s'est dit en grec titthos et titthion; en latin tetta; en allemand titte; en anglo-saxon tit, titt ou tytt; en Langue franque tuito; en anglais teat, et en espagnol teta. On m'assure que le syrien et le chaldéen thad expriment la même idée; et dans la partie de ma préface où j'ai démontré que les premiers rapports de l'enfant et de la mère, c'est-à-dire, l'action de teter, ont eu dans le langage une racine commune avec les premiers rapports de parenté, j'ai fait sur la forme hiéroglyphique, et sur le son imitatif du thêta des Grecs, une observation assez nouvelle que je recommande à l'attention du Lecteur.

[TIMBALES]. Tabala était, suivant Plutarque dans la vie de Crassus, et suivant Hésichius, un tambour dont se servaient les Parthes. C'est tablon en arabe, tympanon en grec, et tympanum en latin.

Il paraît que cet instrument s'est d'abord appelé timbre, et qu'il en est question sous ce nom dans Perceval et dans ces vers du roman de la Rose: