Il paya tous les frais qu'il avait faits à son paysan et le garda.
Il l'avait encore à mon dernier voyage dans cette ville.
LE TRÉSOR.
Étant dans une grande ville de province, logé chez un ami, il me dit que depuis la mort du propriétaire, personne ne pouvait habiter la maison, parce que toutes les nuits on faisait un sabat épouvantable. Nous entendrons ce sabat, dis-je, et nous dénicherons peut-être le revenant. Il n'est pas difficile à dénicher, répondit-il, puisque tous les soirs nous voyons son ombre. Ah! ah! tant mieux.
Me voilà donc aux aguets dès la brune: j'avais pris la précaution de m'armer. Vers les onze heures, comme nous étions à souper, il entre un grand fantôme couvert d'un linceul, chacun tremble; moi seul je me mets à rire. Le spectre me fait signe de le suivre, je lui réponds: Allons marche.
Nous descendons; il m'emmène dans la cave, là il me montre une pioche et me dit: fouille. Je me mets en devoir d'obéir, à peine avois-je donné cinquante coups de bêche, que je trouve une marmite de fer bien hermétiquement fermée. Prends cette marmitte, me dit le fantôme, et vois ce qu'elle contient. Quelle fut ma surprise en la voyant pleine d'or. Elle contient mille louis, reprend mon interlocuteur, porte les à mon fils et dis lui bien qu'il ne m'imite pas; dévoré du démon de l'avarice, ma seule passion a été d'entasser or sur or; maintenant j'en porte la peine, je suis condamné à cent ans de souffrances. Dis de plus à mon fils qu'il me fasse dire cinquante messes par an, cela abrégera ma pénitence. Adieu, en finissant cela, il disparut. Je remis fidèlement à son fils le dépôt que j'avais trouvé, et depuis ce tems, la paix fut rétablie dans la maison de mon ami.
FACÉTIES SUR LES VAMPIRES.
—Tandis que les vampires faisaient bonne chère en Autriche, en Lorraine, en Moravie, en Pologne, on n'entendait point parler de vampires à Londres, ni même à Paris. J'avoue, dit Voltaire, que, dans les deux villes, il y eut des agioteurs, des traitans, des gens d'affaires, qui sucèrent en plein jour le sang du peuple; mais ils n'étaient point morts, quoique corrompus. Ces suceurs véritables ne demeuraient pas dans des cimetières, mais dans des palais fort agréables.
—C'est une chose véritablement curieuse que les procès-verbaux qui concernent les vampires. Calmet rapporte qu'en Hongrie, deux officiers délégués par l'empereur Charles VI, assistés du bailli du lieu et du bourreau, allèrent faire enquête d'un vampire mort depuis six semaines, qui suçait tout le voisinage. On le trouva dans sa bière frais, gaillard, les yeux ouverts, et demandant à manger. Le bailli rendit sa sentence. Le bourreau arracha le coeur au vampire et le brûla; après quoi le vampire ne mangea plus. Qu'on ose douter après cela des morts ressuscités dont nos anciennes légendes sont remplies! (Dictionnaire phylosophique.)
—Dans le vaudeville des Variétés, les trois Vampires se font connaître de cette sorte: