« Qui m’appelle? — dit-elle en tremblant.

— C’est moi, — répondit Jean Sbogar, — ne t’effraie point. Adieu pour toujours. »

Il s’était approché de la fenêtre, et déjà la troupe qui était à sa recherche remplissait l’extrémité opposée de la galerie.

Le voleur revint vers Antonia, et la saisit.

« C’est moi, c’est moi, — dit-il; — adieu pour toujours! »

Antonia éprouvait un sentiment vague d’horreur et de tendresse qu’elle ne comprenait point.

Sbogar frémissait.

Il la pressa d’un de ses bras contre son cœur.

« Antonia, chère Antonia! — s’écria-t-il; — adieu pour toujours! Oh! pour la dernière fois, plus que cette minute dans tous les siècles! Antonia, chère Antonia! »

Son voile était tombé, mais Antonia ne voyait point son visage. Elle le touchait, elle avait senti le feu de son haleine. Au même instant les lèvres du brigand s’attachèrent aux siennes, et leur imprimèrent un baiser qui répandit dans les sens d’Antonia une ivresse inconnue, une volupté dévorante qui participait du ciel et de l’enfer.