La rivière fait un coude et nous amène dans une plaine cernée de montagnes. Nous arrivons au terme de notre navigation à la station de la Volokovka[124], située au confluent de cette rivière et de la Chtchougor[125].

[124] Le Nak-Sory-Ia des Ostiaks, d'après Hoffmann.

[125] De Volokovka au port Sibiriakov, sur la Petchora, la distance est de 98 kilomètres par la route et de 243 par la rivière, d'après les renseignements fournis par les bateliers.

La station se compose de deux maisons en bois. Le mobilier en est sommaire: dans un coin le traditionnel poêle russe, deux lits de camp, une table et un banc. Pour l'Oural, c'est du luxe.

Sur l'ordre de M. Sibiriakov, un iamchtchik (postillon) nous attend ici depuis un mois avec quatre chevaux.

Volokovka est un des plus jolis coins que j'aie vus dans les montagnes du Nord. Tout à l'entour, de belles eaux courantes, de magnifiques forêts de sapins et de bouleaux, des montagnes agréables à l'œil; avec cela, abondance de gibier. Ce serait un charmant séjour d'été sans les moustiques; heureusement une baisse subite de la température les a fait disparaître. Pour toujours nous sommes débarrassés de ces insectes acharnés.

CHAPITRE XI

LA TRAVERSÉE DE L'OURAL

Les marais.—Ascension dans l'Oural.—Première rencontre avec les Ostiaks.—Arrivée à Liapine.

Pendant deux jours, temps brumeux et pluvieux. Une fois les collections d'histoire naturelle terminées, je prends la résolution de partir immédiatement pour la Sibérie. Notre provision de pain est d'ailleurs finie, et maintenant nous devons nous contenter d'une pâte noire, mal cuite, dont les chiens bien élevés ne voudraient pas.