L'été, les hommes sont habillés de toile grossière; un pantalon, une chemise, une longue blouse (torkyass), forment toute leur garde-robe; de coiffure, point; pour chaussure, des bottes en peau de renne maintenues aux genoux par des cordons attachés à la ceinture comme les jarretières anglaises. La tige de ces mocassins est tannée, la semelle seule est garnie de poils, pour assurer la marche. L'hiver, suivant la rigueur de la température, les indigènes endossent une, deux ou trois robes en peau de renne les unes par-dessus les autres. En place de chemise, ils portent alors une longue pelisse, dont le poil est tourné vers l'intérieur (malitsa), et par-dessus, le gus, vêtement de même forme, mais dont la fourrure est extérieure. Leur vestiaire est complété par la parka, une houppelande, également en peau de renne, plus courte et plus ornée que la malitsa. Dans un pays où la température descend à 50 degrés au-dessous de zéro, les vêtements doivent fermer hermétiquement. Gus et malitsa n'ont par suite d'autre ouverture que celle nécessaire au passage de la tête. Au col est adapté un capuchon et aux manches des gants. Sous sa triple enveloppe de peaux, l'Ostiak ressemble à un ballot de fourrures.

Hutte (sasskol) ostiake.

Pas très élégant non plus le costume des femmes: une grande rotonde (sari) en peau d'écureuil ou de jeune renne ouverte sur le devant et laissant voir un pantalon également en peau. Comme les musulmanes, les femmes ostiakes se voilent et à cet effet portent sur la tête un grand châle de cotonnade rouge dont elles ramènent les pans. Devant les étrangers, les femmes peuvent circuler le visage découvert. La coutume n'est sévèrement observée qu'à l'égard des membres de la famille. Pratique bizarre, contradictoire, semble-t-il, puisque dans la société musulmane l'usage du voile a été imposé aux femmes pour protéger leur vertu contre les entreprises des étrangers. Ici, d'ailleurs, aucune aventure à redouter: la laideur des femmes ostiakes est la sauvegarde de leurs maris; sur les deux ou trois cents que nous avons vues, pas une n'était jolie. Leur chevelure est divisée derrière la tête en deux longues tresses, et à ces tresses, en guise d'ornements, est suspendue toute une quincaillerie de vieux boutons en cuivre, de sonnettes sans battant et de clefs hors d'usage. Dans ce pays, un marchand de ferraille ferait d'excellentes affaires. Les femmes ostiakes, tout comme les nôtres, aiment à faire montre d'une belle chevelure, et celles qui ne sont pas favorisées sous ce rapport usent des mêmes artifices que nos élégantes. Par d'ingénieux agencements de rubans et des intercalations de crins, les femmes presque chauves savent donner à leurs tresses une longueur démesurée.

Le costume féminin est complété par une certaine ceinture (vorep) placée directement sur le corps, sur l'utilité de laquelle il est inutile de s'étendre dans ce récit.

Berceau ostiak, d'après une photographie exécutée sur l'original (Musée Guimet) et communiquée par la Revue Encyclopédique.

Vivant au milieu d'immenses forêts et sur le bord de cours d'eau, les Ostiaks sont un peuple de chasseurs et de pêcheurs très intéressant à observer. La vie de ces pauvres gens est une représentation exacte de l'existence de nos ancêtres préhistoriques. Un très petit nombre d'entre eux, habitant la région à céréales de la Sibérie, ont par suite pu s'élever à la fonction d'agriculteurs[138].

[138] Aux environs de Pelym, Ahlqvist a rencontré un «Vogoule» agriculteur.

En été, la pêche est la principale occupation des Ostiaks.