§ III. Labyrinthe.
Herod. l. 2, cap. 148. Diod. lib. 1, pag. 42. Plin. l. 36, cap. 13. Strab. l. 17, pag. 811. Ce que nous avons dit sur le jugement qu'on doit porter des pyramides peut être appliqué aussi au labyrinthe, qu'Hérodote, qui l'avait vu, nous assure avoir été encore plus surprenant que les pyramides. On l'avait bâti à l'extrémité méridionale du lac de Mœris, dont nous parlerons bientôt, près de la ville des Crocodiles, qui est la même qu'Arsinoé. Ce n'était pas tant un seul palais qu'un magnifique amas de douze palais disposés régulièrement, et qui communiquaient ensemble. Quinze cents chambres entremêlées de terrasses s'arrangeaient autour de douze salles, et ne laissaient point de sortie à ceux qui s'engageaient à les visiter [44]. Il y avait autant de bâtiments sous terre. Ces bâtiments souterrains étaient destinés à la sépulture des rois; et encore (qui le pourrait dire sans honte, et sans déplorer l'aveuglement de l'esprit humain?) à nourrir les crocodiles sacrés, dont une nation d'ailleurs si sage faisait ses dieux [45].
[Note 44: ][ (retour) ] Dans une dissertation spéciale, j'ai essayé d'expliquer la construction de cet édifice étonnant (trad. de Strabon, tom. V, p. 407; et Nouv. Annales des Voyages, t. VI, pag. 133 et suiv.)
[Note 45: ][ (retour) ] Hérodote (II, § 148) dit que les souterrains servaient de tombeau aux crocodiles sacrés, mais non pas qu'on les y nourrissait, ce qui, du reste, ne se concevrait pas facilement (Voyez Larcher, traduction d'Hérodote, tom. II, pag. 494).
L'erreur appartient à Bossuet, que Rollin copie en cet endroit: tout le paragraphe est tiré du Discours sur l'Histoire universelle.--L.
Pour s'engager dans la visite des chambres et des salles du labyrinthe, on juge aisément qu'il était nécessaire de prendre la même précaution qu'Ariane fit prendre à Thésée, lorsqu'il fut obligé d'aller combattre le Minotaure dans le labyrinthe de Crète. Virgile en fait ainsi la description:
Æneid. l. 5, v. 588.
Ut quondam Cretâ fertur labyrinthus in altâ
Parietibus textum cæcis iter ancipitemque
Mille viis habuisse dolum, quà signa sequendi
Falleret indeprensus et irremeabilis error.