[Note 96: ][ (retour) ] Ipsi, qui irridentur, Ægyptii nullam belluam, nisi ob aliquam utilitatem quam ex eâ caperent, consecraverunt. (Cic. lib. 1 de Nat. deor. n. 101).

[Note 97: ][ (retour) ] Cette grandeur va jusqu'à plus de 17 coudées.

= 17 Coudées valent 8 mètres, 953. Selon Élien (Hist. Anim. XVII, c. 6), on en avait vu un de 25 coudées (13 mètres 175), au temps de Psammitichus; et un autre de 26 coudées, 4 palmes (14 mètres 053), sous Amasis. Norden en a vu de 50 pieds (16 mètres).--L.

[Note 98: ][ (retour) ] Cela est fort douteux. Cicéron dit: Possem, de ichneumone utilitate, de crocodilorum, de felium dicere (de Nat. Deor. 1, § 36); mais il aurait été vraisemblablement assez embarrassé pour dire quelle pouvait être l'utilité des crocodiles. On a prétendu que les hommages des Égyptiens s'adressaient particulièrement à une espèce de crocodiles d'un naturel fort doux: malheureusement pour cette explication, on lit dans Élien (Hist. Anim. X, c. 21), et dans Maxime de Tyr (Dissert. XXXVIII), que les crocodiles sacrés dévoraient les enfants de leurs adorateurs.--L.

Les philosophes, peu contents de raisons si faibles pour couvrir de si étranges absurdités qui déshonoraient le paganisme, et dont ils rougissaient en secret, ont imaginé, surtout depuis l'établissement du christianisme, une troisième raison du culte que les Égyptiens rendaient aux animaux, et on dit que ce n'était pas à ces animaux, mais aux dieux, dont ils étaient les symboles, que se terminait ce culte. Pag. 382. «Les philosophes,» dit Plutarque dans le traité même où il examine ce qui regarde les deux divinités les plus célèbres de l'Égypte, Isis et Osiris, «les philosophes honorent l'image de Dieu, quelque part qu'elle se montre, même dans les êtres qui sont sans vie, bien plus encore par conséquent dans ceux qui sont animés. On doit donc approuver, non ceux qui adorent ces créatures, mais ceux qui, par elles, remontent jusqu'à la Divinité. On les doit regarder comme autant de miroirs que nous fournit la nature, dans lesquels la Divinité se peint d'une manière éclatante; ou comme autant d'instruments dont elle se sert pour faire éclore au-dehors son incompréhensible sagesse. Quand donc, pour embellir des statues, on entasserait dans un même endroit tout l'or et toutes les pierreries du monde, ce n'est point à ces statues qu'il faudrait rapporter son culte; car la Divinité n'existe point dans des couleurs artistement dispensées, ni dans une matière fragile, destituée Pag. 377 et 378. de mouvement et de sentiment.» Plutarque dit, dans le même traité, que «comme le soleil, la lune, le ciel, la terre, la mer, sont communs à tous les hommes, mais ont des noms différents, selon la différence des nations et des langages, ainsi, quoiqu'il n'y ait qu'une divinité unique et une providence unique qui gouverne l'univers, et qui a sous elle différents ministres subalternes, on donne à cette divinité, qui est la même, différents noms, et on lui rend différents honneurs, selon les lois et les coutumes de chaque pays.»

Ces réflexions, qui présentent ce qu'on peut dire de plus raisonnable pour justifier le culte idolâtre, étaient-elles bien propres à en couvrir le ridicule? Était-ce relever dignement les attributs divins, que de les vouloir faire admirer et d'en chercher l'image dans les bêtes les plus viles et les plus méprisables, dans un crocodile, dans un serpent, dans un chat? N'était-ce pas plutôt dégrader et avilir la Divinité, dont les plus stupides ont ordinairement une idée tout autrement grande et auguste?

Encore ces philosophes n'étaient-ils pas toujours si fidèles à remonter des êtres sensibles à leur auteur invisible. Rom. cap. 1, v. 21-25. L'Écriture nous apprend que ces prétendus sages ont mérité, par leur orgueil et par leur ingratitude, «d'être livrés à un sens réprouvé, et de devenir plus fous que le peuple, pour avoir changé la gloire du Dieu incorruptible en l'image de bêtes à quatre pieds, d'oiseaux et de reptiles, et pour avoir adoré la créature à la place du Créateur.»

Pour faire voir ce qu'était l'homme par lui-même, Dieu a permis que le pays de toute la terre, où la sagesse humaine avait été portée au plus haut degré, fût aussi le théâtre de l'idolâtrie la plus grossière et la plus ridicule; et, d'un autre côté, pour faire voir ce que peut la force toute-puissante de sa grâce, il a converti les affreux déserts d'Égypte en un paradis terrestre, en les peuplant, dans le temps marqué par sa providence, d'une troupe innombrable d'illustres solitaires, qui, par la ferveur de leur piété et l'austérité de leur pénitence, ont fait tant d'honneur au christianisme. Je ne puis m'empêcher d'en rapporter un célèbre exemple, et j'espère que le lecteur me pardonnera cette espèce de digression.

Tom. 5, p. 23 et 26. La grande merveille de la basse Thébaïde, dit M. l'abbé Fleury dans son Histoire ecclésiastique, était la ville d'Oxirinque [99]. Elle était peuplée de moines dedans et dehors, en sorte qu'il y en avait plus que d'autres habitants. Les bâtiments publics et les temples d'idoles avaient été convertis en monastères; et on en voyait par toute la ville plus que de maisons particulières. Les moines logeaient jusque sur les portes et dans les tours. Il y avait douze églises pour les assemblées du peuple, sans compter les oratoires des monastères. Cette ville avait vingt mille vierges et dix mille moines: on y entendait jour et nuit retentir de tous côtés les louanges de Dieu. Il y avait, par ordre des magistrats, des sentinelles aux portes pour découvrir les étrangers et les pauvres; et c'était à qui les retiendrait le premier pour exercer envers eux l'hospitalité.

[Note 99: ][ (retour) ] À-présent Behnécé.--L.