AN. M. 3026 AV. J.C. 978. 3, Reg. c. 11, 40, etc. 12. C'est vers lui que se réfugia Jéroboam pour éviter la colère de Salomon, qui voulait le faire mourir. Jéroboam demeura en Égypte jusqu'à la mort de Salomon, après laquelle il retourna à Jérusalem; et, s'étant mis à la tête des révoltés, il enleva à Roboam, fils de Salomon, dix tribus, dont il se fit déclarer roi.

2 Paral. 12, 1, 9. AN. M. 3033 AV. J.C. 971. Le même Sésac, la cinquième année du règne de Roboam, marcha contre Jérusalem, parce que les Juifs avaient péché contre le Seigneur. Il avait avec lui douze cents chariots de guerre, et soixante mille hommes de cavalerie. Le peuple qui était venu avec lui ne pouvait se compter; il étaient tous Libyens, Troglodytes et Éthiopiens. Sésac se rendit maître des plus fortes places du royaume de Juda, et avança jusque devant Jérusalem. Alors le roi et les premiers de la cour ayant imploré la miséricorde du Dieu d'Israël, Dieu leur déclara par son prophète Séméias que, parce qu'ils s'étaient humiliés, il ne les exterminerait point entièrement comme ils l'avaient mérité, mais qu'ils seraient assujettis à Sésac; afin, leur dit-il, qu'ils apprennent quelle différence il y a entre me servir et servir les rois de la terre: ut sciant distantiam servitutis meæ et servitutis regni terrarum. Sésac se retira donc de Jérusalem après avoir enlevé les trésors de la maison du Seigneur et ceux du palais du roi. Il emporta tout avec lui, et même les trois cents boucliers d'or que Salomon avait fait faire.

2. Paral. 14, 9-13. AN. M. 3063 AV. J.C. 941. ZARA, roi d'Éthiopie, et sans, doute roi d'Égypte en même temps, fit la guerre à Asa, roi de Juda. Son armée était composée d'un million d'hommes et de trois cents chariots de guerre. Asa marcha au-devant de lui, rangea son armée en bataille, et, plein de confiance dans le Dieu qu'il servait: «Seigneur, lui dit-il, c'est une même chose, à votre égard, de nous secourir avec un petit nombre ou avec un grand. C'est par ce que nous nous confions en vous et en votre nom que nous sommes venus contre cette multitude. Seigneur, vous êtes notre Dieu: ne permettez pas que l'homme l'emporte sur vous.» Une prière si pleine de foi fut exaucée. Dieu jeta l'épouvante parmi les Éthiopiens. Ils prirent la fuite, et furent défaits sans qu'il en restât un seul; parce que c'était le Seigneur, dit l'Écriture, qui les taillait en pièces pendant que son armée combattait: ruerunt usque ad internecionem, quia Domino cædente contriti sunt, et exercitu illius præliante.

Herod. l. 2, c. 137-140. Diod. lib. 1, pag. 59. ANYSIS. Il était aveugle. Sous son règne, SABACUS, roi d'Éthiopie, excité par un oracle, entra avec une nombreuse armée en Égypte, et s'en rendit maître. Il régna avec beaucoup de douceur et de justice. Au lieu de faire mourir les coupables condamnés à mort par les juges, il les faisait travailler, chacun dans leurs villes, aux réparations des levées sur lesquelles elles étaient situées. Il bâtit plusieurs temples magnifiques; un entre autres dans la ville de Bubaste, dont Hérodote fait une longue et belle description. Après avoir régné cinquante ans, qui était le terme que lui avait marqué l'oracle, il se retira volontairement en Éthiopie, et laissa le trône à Anysis, qui s'était tenu 4. Reg. 17, 4. AN. M. 3279. AV. J.C. 723. caché pendant tout ce temps dans les marais. On croit que ce Sabacus est le même que SUA, dont Osée, roi d'Israël, implora le secours contre Salmanasar, roi des Assyriens.

AN. M. 3285. AV. J.C. 719. SÉTHON. Il régna quatorze ans. C'est le même [153] que Sévéchus, fils de Sabacon ou Sual, Éthiopien, qui avait régné si long-temps en Égypte. Ce prince, au lieu de s'acquitter des fonctions d'un roi, affectait celles d'un prêtre, s'étant fait consacrer lui-même souverain-pontife de Vulcain. Livré entièrement à la superstition, loin de s'appliquer à défendre ses états par les armes, il fit peu de cas des gens de guerre; et, persuadé qu'il n'aurait jamais besoin de leur secours, il ne se mit point en peine de les ménager, leur ôta leurs privilèges, et alla jusqu'à les dépouiller des fonds de terre que les rois ses prédécesseurs leur avaient assignés.

Il éprouva bientôt leur ressentiment dans une guerre qui lui survint tout-à-coup, et dont il ne se tira que par une protection miraculeuse, si l'on s'en rapporte au récit qu'en fait Hérodote, qui est mêlé de beaucoup de fables. Sannacharib [154], roi des Arabes et des Assyriens, étant entré avec une armée nombreuse en Égypte, les officiers et les soldats égyptiens refusèrent de marcher contre lui. Le prêtre de Vulcain, réduit à une telle extrémité, eut recours à son dieu, qui lui dit de ne point perdre courage et de marcher hardiment contre les ennemis avec le peu de gens qu'il pourrait ramasser. Il le fit. Un petit nombre de marchands, d'ouvriers, et de gens de la lie du peuple, se joignit à lui. Avec cette poignée de soldats, il s'avança jusqu'à Péluse, où Sannacharib avait établi son camp. La nuit suivante une multitude effroyable de rats se répandit dans le camp des Assyriens, et, y ayant rongé toutes les cordes de leurs arcs et toutes les courroies de leurs boucliers, les mit hors d'état de se défendre. Ainsi désarmés, ils furent obligés de prendre la fuite; et ils se retirèrent après avoir perdu une grande partie de leurs troupes. Séthon, de retour chez lui, se fit ériger une statue dans le temple de Vulcain, où, tenant à sa main droite un rat, il disait, dans une inscription: QU'EN ME VOYANT, ON APPRENNE À RESPECTER LES DIEUX [155].

[Note 153: ][ (retour) ] Rien n'est plus douteux.--L.

[Note 154: ][ (retour) ] Hérodote appelle ainsi ce prince. [II, c. 141.]

[Note 155: ][ (retour) ] Ἐς ἐµέ τις ὀρέων εὺσεßὴς ἕστω.

Il est visible que cette histoire, telle que je la viens de raconter et qu'on la lit dans Hérodote, est une altération de celle qui est rapportée dans le quatrième livre des Rois. On y voit que Sannacharib, roi des Assyriens, Cap. 17, etc. après avoir subjugué toutes les nations voisines et s'être rendu maître de toutes les autres villes du royaume de Juda, prit la résolution d'assiéger Ézéchias dans Jérusalem, qui en était la capitale. Les ministres de ce saint roi, malgré son opposition et les remontrances du prophète Isaïe qui promettait une protection assurée de la part de Dieu si l'on ne mettait sa confiance qu'en lui seul, mendièrent secrètement le secours des Égyptiens et des Éthiopiens. Leurs armées, unies ensemble, s'avancèrent, dans le temps marqué, vers Jérusalem. L'Assyrien marcha à leur rencontre, les défit en bataille rangée, poursuivit les vaincus jusque dans l'Égypte et la ravagea entièrement. A son retour, la nuit même qui précéda le jour où l'on devait donner l'assaut à la ville de Jérusalem et où tout paraissait désespéré, l'ange exterminateur ravagea le camp des Assyriens, y fit périr par l'épée et par le feu cent quatre-vingt-cinq mille hommes, et montra qu'on avait raison de se fier, comme avait fait Ézéchias, à la parole et aux promesses du Dieu d'Israël.