Enfin, il vit se dresser la masse noire du toit de la Genette. Aimée était accourue à sa rencontre, suivie de Brunette qui jappait de plaisir. Il dit:
—Lionnou Fansat viendra chez nous, dès demain.
Elle s’écria:
—Grand-père, comme je suis contente! Mais que j’ai eu d’inquiétude pour toi!
Quand il passa le seuil, tandis que Brunette lui léchait les mains, il montra à la lueur de la lampe une figure toute creusée, où du sang coulait dans la barbiche blanche. Aimée s’écria, effrayée:
—Tu es tombé!
En hâte, elle prit un linge pour le laver avec de l’eau de lavande. La mère se lamentait, mais il souriait, s’étant assis dans le fauteuil de bois. Il mangea la soupe qu’on lui avait gardée chaude, près du feu.
VIII
Le lendemain, Lionnou Fansat frappa de bon matin à la porte de la Genette. Au moyen d’un fort bâton appuyé sur l’épaule, il portait une valise de toile où se balançait une paire de souliers à clous.
Brunette aboya. Seule, Aimée était levée; la mère, les petiots, le vieux dormaient encore.