Il cria:

—Eh! Fansat, tu travailles comme une fourmi!

—Comme vous le voyez, Courteux, repartit Fansat.

—Arrête-toi un peu. J’ai à te causer.

Lionnou Fansat arrêta les bêtes, et appuyé sur l’aiguillon, il écouta Courteux qui lui disait à voix basse:

—Alors comme ça, tu es embauché à la Genette ... Mais c’est des crève-de-faim; y te payeront point. Tu mangeras pas gras. Écoute-moi, mon ami, si tu les plantes d’abord, je te baille tout de suite, le double du loyer qu’ils t’ont promis. Tu viendras chercher l’argent à la maison.

Fansat cracha à terre et grogna, la bouche en coin sous le poil frisé:

—C’est tout ça que vous m’avez voulu jaser. C’était point la peine. Si vous étiez point vieux, je vous piquerais le bas de l’échine avec ma guyade.

Et humant le vent, portant le regard au loin, il poussa ses vaches dans la terre qu’un bon soleil blanchissait.

Courteux s’éloigna en soufflant comme un blaireau qui aurait donné du museau dans une pierre pointue quand il cherchait de la terre bien douce où se nicher.