Nonot ne pouvait croire qu’il ne la reverrait plus et il l’appelait plusieurs fois par jour, bien surpris qu’elle ne lui répondît pas, elle qui accourait de si loin pour lui poser ses pattes sur l’épaule. Vone lui dit:

—Elle est partie trop loin, mon Nonot, elle ne t’entend pas.

Mais Lionnou Fansat avait juré de confondre ce brigand de Courteux. Il alla à Rieux et entrant chez le pharmacien, il acheta quelque brimborion de remède. Puis, avant de passer la porte, il demanda:

—Vous avez vendu de la noix vomique à Courteux, de la Grangerie. Ce brigand a empoisonné notre chienne.

—Oui, il m’en a demandé, il y a quatre jours, pour les taupes qui ravagent ses champs. Il en a pris de quoi tuer un bœuf.

Lionnou Fansat tira son chapeau et s’en fut à la Grangerie. A moitié chemin, il rencontra Courteux dans les parages de Villemonteil. Il se précipita sur lui:

—Ah! bandit, tu as empoisonné notre Brunette! Ah! tête de putois!

Courteux se recroquevillait.

—Prends garde à toi si tu me touches. Je n’ai pas pour un sou de poison chez nous.

—Menteur! Le pharmacien t’en a vendu une provision; j’en sors, pas plus tard que ce matin!