Fansat hurlait de moments en moments:

—Charivari!

La bande demandait:

—Pour qui?

Fansat de répondre:

—Pour Courteux qui rase les grains de blé et qui empoisonne les chiens!

Le patient dut boire le vin blanc qui lui fut présenté dans la grosse tasse. On lui avait barbouillé la figure avec de la suie, et son col était orné d’un collier de pommes de terre enfilées dans une ficelle. Sur son passage, les braves gens se tenaient les côtes et se faisaient du bon sang.

A chaque cri de: Charivari! à chaque réponse, un garçon qui n’avait pas les deux pieds dans le même sabot, tirait le douzil du tonnelet, remplissait de vin le récipient et le faisait passer sous la queue de l’âne qui gardait son sérieux; après, il offrait à boire à qui en voulait; et on en voulait.

Le cortège fit trois fois le tour du bourg. Mais ce fut un beau tapage quand l’âne jouant sa partie, se mit à braire et à faire du bruit par toutes ses embouchures, en ruant sec.

—Il va faire gagner l’avoine à Courteux! s’écria en chœur l’assemblée.