—Vous êtes ici chez nous, dit-elle. C’est là que mon pauvre frère est né.

Louise Lautier devint grave, puis elle s’écria:

—Mignon, parle! Raconte-moi comment tu passes ton temps ici. Peut-être t’ennuyais-tu?

A ces derniers mots, Claire quitta en hâte la salle et se réfugia dans sa chambre. Louise, sans y prendre garde, ouvrit une valise et en tira des sacs de bonbons.

—Donne ta bouche, dit-elle, il n’y a pas de bonbons comme ça aux Ages.

Elle garda sa fourrure et remarqua que le feu la rôtissait par devant, tandis qu’elle avait froid aux reins. Simon s’enhardit peu à peu. Il dit, tout à coup, les yeux écarquillés:

—C’est bien vrai que tu es ma maman?

Il caressait le doux corsage où le cou blanc se gonflait, découvert jusqu’à la naissance de la gorge.

—Comme tu es habillée, comme tu sens bon!... Il n’y a pas de pralines comme ça chez l’épicière. Elles ne peuvent pas fondre.

Jeannette venait de plumer un poulet et, tandis qu’elle le vidait, elle regardait avec une brûlante curiosité Louise Lautier. Quand elle glissa la broche sur les landiers, elle dit un bonjour en allongeant les lèvres en godet comme pour le retenir.