—Tu ne me quitteras plus. Tu verras comme tout est beau et facile, là -bas.

Alors il se pencha à son oreille:

—Il faudrait emmener avec nous maman Claire.

Louise devint pensive:

—Je le veux bien, Simon, si elle le veut elle-même...

Claire rentra dans la salle: elle tenait ses mains croisées sur sa poitrine. Simon s’élança vers elle, mais elle le repoussa doucement.

Louise, à présent, parlait de la vie qu’elle allait mener avec l’enfant. Ils habiteraient dans un appartement de la plaine Monceau; ils y trouveraient le confort. On avait tout prévu: éclairage, ameublement, chauffage, tentures aux couleurs choisies et jusqu’à la voiture pour les promenades. Simon vit luire, au cou de Louise, un collier dont les grains se perdaient sous le corsage.

—C’est un collier de perles. Il est superbe. Il vaut bien une grande terre avec une grande maison. Regardez-le, Claire.

Tout à coup elle se leva et vint dans la chambre. Elle avait à peine eu le temps d’enlever son chapeau de voyage. Elle demanda de l’eau chaude. Après une heure, elle parut dans la salle; elle avait changé de robe, et l’étoffe était coupée à souhait pour exalter la ligne admirable de ses épaules et de ses bras demi-nus. Son visage avait l’air d’une chose précieuse, vivifié par les yeux éclatants. Simon la trouvait si belle qu’il était pris de timidité. Elle l’embrassa comme pour lui montrer qu’elle n’était pas un être de féerie.

Jeannette, qui n’avait pas desserré les lèvres, apprêtait le repas de midi et elle faisait un hachis pour relever une gibelotte. Louise, qui semblait offensée par ces odeurs de cuisine, se tourna vers Claire et lui demanda si elle pouvait s’entretenir avec elle. Simon resterait auprès de Jeannette. Claire fit un signe de tête et vint avec Louise dans la chambre.