Sans comprendre le sens de ces paroles, elle se mit à rire de si bon cœur qu’il fut gagné par cette gaieté. Elle lui avait donné dix francs pour son tabac. Il ne voulait pas les prendre, mais Simon l’avait supplié d’accepter. Il considérait Louise avec curiosité comme si un grand oiseau des fées eût pénétré par une fenêtre entr’ouverte. Il clignait de l’œil, près du lit de braises; la journée serait bonne, au coin de ce feu, et il ne fallait pas penser à faire de la besogne dehors, par ce temps.

Claire, en entrant, vint la première embrasser Louise, ce qu’elle n’avait jamais fait. Elle dit:

—J’ai apprêté les habits et le linge de Simon.

Elle ajouta, humblement, avec le pauvre espoir de le retenir aux Ages quelques jours encore:

—Il faudrait que je lui tricote un gilet bien chaud. Si vous voulez rester ici une semaine, il pourra l’emporter.

Louise haussa les épaules en souriant. Elle assura que l’enfant aurait tous les vêtements qu’il désirerait.

—Tout est prêt pour que je parte ce soir. Il le faut absolument. On m’attend.

Claire garda le silence, puis elle dit:

—On attellera donc la voiture vers sept heures et demie du soir, à la nuit. Le train qui va à Limoges part à huit heures quarante. Il fera froid, mais vous aurez des couvertures. Jacquier vous conduira.

Elle regardait Simon à la dérobée; elle devinait que Louise l’avait enchanté par maints récits de la ville. Elle voyait bien qu’il était partagé entre le chagrin et la joie. Elle aurait voulu dire des paroles gentilles et sourire pour qu’il gardât une image d’elle plus aimable; mais elle prit le parti de s’isoler. Elle s’excusa en donnant pour prétexte qu’elle devait ranger du linge qui s’abîmait dans les armoires.