[10] La Weltgeschichte de L. v. Ranke est sans contredit la meilleure des «histoires universelles» où le moyen âge a sa place; mais il y en a beaucoup d'autres.—Sous la direction de MM. Lavisse et Rambaud se publie depuis 1893 une Histoire générale du IVe siècle à nos jours, dont les deux premiers volumes (Paris, 1893, in-8º) sont consacrés aux matières comprises dans le programme de Troisième. J'indique ici une fois pour toutes cette publication inégale. Les quatre ou cinq chapitres vraiment intéressants qui s'y trouvent seront signalés à part.

On observera que je n'ai parlé nulle part des grandes «Histoires de France» de H. Martin, de E. Dareste, de J. Michelet, de MM. Bordier et Charton, etc. C'est que toutes ont vieilli. Les deux dernières conservent du reste une grande valeur, celle de Michelet comme œuvre d'art, celle de Bordier et Charton comme Manuel. Une nouvelle «Histoire de France», dont six volumes seront consacrés à la période antérieure au XIVe siècle, est en préparation à la librairie Hachette.

[11] Il est à remarquer qu'en cela ils faisaient simplement ce qu'avaient fait jadis les Romains, qui, traités de Βἁρβαροι par les Grecs, n'éprouvaient aucun embarras à se qualifier eux-mêmes ainsi. Plus tard, les Romains se joignirent aux Grecs et regardèrent comme barbare tout ce qui n'était pas Grec ou Romain; mais les Grecs les appelèrent longtemps encore Βἁρβαροι; plusieurs d'entre eux persistaient à les traiter ainsi même à l'époque impériale.

[12] Fortunat et Grégoire de Tours emploient certainement encore ce mot avec complaisance, pour qualifier, soit eux-mêmes, soit ceux dont ils parlent. Les hagiographes mentionnent volontiers, et certainement pour lui faire honneur, l'origine romaine de leur saint.

[13] Aussi si l'on veut traduire les paroles mises par les historiens de ce temps dans la bouche des Allemands, faut-il toujours rendre Romanus par Welche. Par exemple dans la Vie de saint Éloi, II, 19: Nunquam tu, Romane, consuetudines nostras evellere poteris, le mot Romane traduit certainement le Walah! qui fut adressé au saint homme.

[14] En 462, un magistrat fut destitué pour avoir employé, en Égypte, le grec au lieu du latin dans les actes publics.

[15] On note que les Gaulois adoptèrent volontiers le suffixe acus au lieu du suffixe anus usité en Italie.

[16] Symmaque (Q. Aurelius Symmachus) avait occupé les plus hautes fonctions de l'empire; il avait été questeur, préteur, pontife, gouverneur de plusieurs grandes provinces, préfet de la ville et consul ordinaire. C'était un lettré fort distingué, un orateur célèbre, qu'on mettait à côté et quelquefois au-dessus de Cicéron.... Païen convaincu, ce qui l'attachait surtout au culte des aïeux, c'est qu'en toute chose il aimait le passé; les anciens usages lui étaient tous également chers....

[17] Les barbares du Nord donnaient aux Francs le nom de Hugas.

[18] Rambaud, Histoire de Russie, 2e édit., p. 63, 64.