—Eh bien, vous allez m'en donner une preuve. Il faut plonger ce stilet dans le cœur de Thérèse.
Le jeune homme frémit, et fit deux pas en arrière. La nature répugne toujours à l'idée d'un assassinat.
—Comment, vous hésitez, traître? c'est donc Thérèse que vous aimez? allez, fuyez pour jamais ma présence.
—Eh! quoi, Mathilde, rien ne peut-il vous appaiser?
—C'en est assez.... Il l'aime, je le vois, dit d'une voix sombre la Strozzi.
—Oh! non, non, par le ciel, je ne l'aime pas, je vous jure.
—Prouvez-le moi donc, en plongeant ce poignard dans son indigne cœur, car rien autre chose ne m'appaisera, ni ne me persuadera de votre amour.
—O Mathilde, ma première, ma seule passion! vous ne voudriez pas, j'en suis sûr, en exiger une preuve aussi terrible?... Il avait l'air de l'implorer, en regardant avec douleur.
Mathilde ne changeait pas le sien: il y lisait, fais ce que je te dis, ou laisse-moi.
Le malheureux insensé craignit de perdre celle qu il aimait plus que jamais. Sa beauté lui semblait en ce moment plus éclatante, plus fière qu'il ne l'avait encore vue; et tout en la regardant, sa répugnance s'évanouissait. Il se sentit prêt à tout faire, plutôt que de renoncer à son amour ... il s'empara de sa main brûlante et dit: