Les trois dignités principales étaient celles de Zaque, de Zippa, de Tithua, chez les Muyscas.
Celle de ZAQUE était la première, c'était le titre du souverain de Hunca, capitale fondée par Hunca-Hua, et portant évidemment son nom, Hunca, qui rappelle celui des Incas du Pérou, et le nom King qui, en chinois comme en anglais, signifie roi; Cun-din-Amarca était le nom de cet empire, dont il fut, dit M. de Humboldt, le premier zaque, ou souverain, tandis que Bochica, à Iraca, se trouvait être, lui, le pontife suprême, et ce qu'est au Japon le Dairi.
Dans tous ces noms entrent, comme on voit, Hun ou Cun; or, il est très-remarquable qu'en japonais, encore actuellement, goun, ou coun, signifie seigneur, chef; et kouni, royaume, seigneurie, qui n'est qu'une modification du koue chinois, qui signifie royaume, pays du roi, king.
Le nom de djo-goun, usité au Japon, dès l'an 87 avant J.-C., signifiait le chef suprême, le premier des seigneurs; djo, ayant le sens de premier, supérieur.
On peut donc supposer que dans Hunca, ou la ville royale, Hun, aspiré, s'est écrit Gun ou Cun; et on le peut d'autant mieux que l'empire se nommait en son entier Cun-din-Amarca, ou le royaume Cun (Kouni en japonais) d'Amarca, nom carthaginois et basque, on l'a déjà dit, nom illustré par la célèbre famille des Annibal, famille des Barca où Marca, et qui, outre tous les lieux en Amarca déjà cités, se retrouve encore dans le nom Mayoc-Marca de la tour de l'inca à Cuzco dans le Pérou et dans celui de Cat-Amarca du pays de Rio-de-la-Plata.[32]
Quant au titre particulier de ZAQUE, M. de Paravey cite Rodriguez (p. 116), donnant le titre de seike, comme celui des gouverneurs des trois états principaux du Japon: les autres gouverneurs se nommant kami ou grands, nom, qui en Muyscas, se rend également par khouma, d'après M. Klaproth lui-même.
Soukouy, en japonais, signifie d'ailleurs s'asseoir sur le trône; sakkara est le nom du trésor royal; Fisaki est le nom de l'impératrice, ou de la femme du zaque; et enfin, toujours en japonais, sougo[33] est le titre de commandant militaire des provinces.
Le nom de ZAQUE, pour celui de souverain, de gouverneur suprême, n'était donc pas inconnu au Japon, et il y existe encore dans les titres de Seike, et de Fi-SAKI, impératrice, aussi-bien qu'en Amérique dans le nom des Ca-ciques.
La seconde dignité des Muyscas était celle des ZIPPA, chefs des provinces. Or, en chinois, pa est le titre de vice-roi; pe est le titre de prince, prononcé pac au Japon, et c'est de là que viennent, on le sait, les titres turcs de pacha, et de beg ou bey.
Enfin, on l'a déjà indiqué, sobe désigne un homme en charge, un chef en japonais, et est très-voisin de zippa, étant formé de so ou sa, homme, en japonais, et de pe ou pac, chef, prince.