LISTE DE MOTS MUYSCAS ET JAPONAIS
IDENTIQUES OU PRESQUE PAREILS,
Outre ceux déjà indiqués dans ce Mémoire.
Cette liste de mots identiques, à Bogota et au Japon, pourrait sans doute s'étendre encore et se perfectionner, mais elle doit suffire à tout homme judicieux, et le tableau des hiéroglyphes, que nous joignons à cette dissertation,[45] d'après M. de Paravey, achevera de compléter cette démonstration de l'identité d'origine de ces deux peuples, séparés par d'immenses distances, et que rapprochent aussi leur conformation physique dont il n'a pas encore été question ici.
L'un et l'autre ont reçu des colonies arabes ou phéniciennes qui sont venues leur apporter la civilisation; mais ces colonies étaient peu nombreuses, et leur sang pur et noble s'est fondu dans le sang grossier de la race tartare et mongole, qui formait le fond primitif des deux nations.[46]
Il en a été, comme dans les îles de l'Océanie, où fort souvent, suivant le capitaine d'Urville, se voit le caractère arabe dans ce qui touche au culte ou à la civilisation,[47] mais où les traits des Arabes, convertisseurs de ces peuples, se sont plus ou moins altérés.
Venus dans ces îles après Mahomet, ces Arabes ont porté l'islamisme dans l'archipel Indien, aussi-bien qu'en Afrique.
Mais aux tems reculés de Salomon, déjà les flottes d'Ophir et de Tharsis pénétraient dans la mer de Parvaïm, ou de l'orient extrême; car Purva, Peruva est en sanscrit le nom de la plage orientale; de là les noms de Pérou et de Para, avec telle ou telle autre terminaison, noms si fréquens dans les anciens noms de pays à l'est de l'Inde et dans les contrées américaines;[48] et im, iam est le nom même de la mer en hébreu, aussi-bien que dans l'antique langue des hiéroglyphes que conserve la Chine, langue où la mer se nomme yang ou yam.
Ce furent ces flottes semi-phéniciennes et juives, flottes montées par des Nabathéens, ou des matelots ismaélites et arabes, qui, les premières, portèrent quelque civilisation dans les contrées maritimes des Indes et de la Chine, encore remplies de peuples à demi-barbares, et que de faux systèmes veulent nous donner comme le centre de toute civilisation.[49]
De la Corée, du Japon, des côtes orientales de la Chine, dont ils avaient surtout occupé les îles pour s'y fortifier et s'y défendre, comme le firent à Cadiz les Phéniciens, comme de nos jours le font encore les Anglais sur toutes les côtes, ces colonies d'hommes audacieux pénétrèrent peu à peu en Amérique, et y apportèrent leur culte grossier des astres, leur civilisation corrompue par un séjour plus ou moins long au milieu de hordes encore anthropophages, telles que Darius les connut dans l'Inde, telles qu'Hérodote nous les décrit, telles que les trouvent de nos jours les Anglais dans le Birman et l'Indo-Chine, et même dans le Thibet.