J'en demandai la signification à mon page:

«Ci-gît» dit-il, «Vénus, la belle dame qui a fait perdre le bonheur, le salut et la fortune à tant de grands». Puis il désigna sur le sol une trappe en cuivre. «Si tel est votre désir» dit-il «nous pouvons continuer à descendre par ici».

--«Je vous suis» répondis-je; et je descendis l'escalier où l'obscurité était complète; mais le page ouvrit prestement une petite boîte qui contenait une petite lumière éternelle à laquelle il alluma une des nombreuses torches placées à cet endroit. Plein d'appréhension, je lui demandai sérieusement s'il lui était permis de faire cela. Il me répondit: «Comme les personnes royales reposent maintenant je n'ai rien à craindre».

J'aperçus alors un lit d'une richesse inouïe, aux tentures admirables. Le page les entr'ouvrit et je vis dame Vénus couchée là toute nue--car le page avait soulevé la couverture--avec tant de grâce et de beauté, que, plein d'admiration, je restai figé sur place, et maintenant encore, j'ignore si j'ai contemplé une statue ou une morte; car elle était absolument immobile et il m'était interdit de la toucher.

Puis le page la couvrit de nouveau et tira le rideau; mais son image me resta comme gravée dans les yeux.

Derrière le lit je vis un panneau avec cette inscription:

Je demandai à mon page la signification de ces caractères; il me promit en riant que je l'apprendrais. Puis il éteignit le flambeau et nous remontâmes.

Examinant les animaux de plus près, je m'aperçus, à ce moment seulement, qu'une torche résineuse brûlait à chaque coin. Je n'avais pas aperçu ces lumières auparavant, car le feu était si clair qu'il ressemblait plutôt à l'éclat d'une pierre qu'à une flamme. L'arbre exposé à cette chaleur ne cessait de fondre tout en continuant à produire de nouveaux fruits.

«Ecoutez» dit le page, «ce que j'ai entendu dire à Atlas parlant au Roi. Quand l'arbre, a-t-il dit, sera fondu entièrement, dame Vénus se réveillera et sera mère d'un roi».