— Comme vous tardez ! dit-elle.

Vladimir Ivanovitch baisa la main de Varvara et, la quittant aussitôt, se précipita vers Ariane qui n’avait pas bougé.

— Je suis venu tout exprès pour vous féliciter, Ariane Nicolaevna ; j’ai appris par ma fille que vous aviez eu un triomphe. Je n’en doutais pas, du reste.

Il serrait la main d’Ariane dans les deux siennes. Elle la retira brusquement. Varvara avait noté ce geste.

— Asseyez-vous, Vladimir Ivanovitch, dit-elle, je vous donnerai du café.

— Non, je n’ai pas le temps. J’ai mille courses à faire.

— Vous boirez une tasse de café, je ne vous laisse pas partir. Et puis, peut-être sortirai-je avec vous pour prendre l’air. C’est le premier jour d’été. Que fais-tu, Ariane ?

— Je reste ici jusqu’à sept heures, répondit la jeune fille. Nicolas vient me prendre en voiture. Je vais dormir un peu, je suis fatiguée.

— Ah, j’oubliais, dit Varvara, il y a une lettre pour toi de ton père, dans ta chambre.

Ariane fronça ses longs sourcils. Dès que le nom de son père était prononcé, sa figure s’assombrissait.