— Ah ! Nicolas, vous ne savez pas qui est arrivé de Moscou ? Le fils aîné de Maklakof ; je crois que j’en suis amoureuse. Il est irrésistible…
Et cent propos pareils au hasard des jours et des nuits.
Le lendemain du jour où elle se fit accompagner par Nicolas au rendez-vous donné par un autre, Ariane raconta la chose à sa confidente en pouffant de rire. Quelque habituée que fût celle-ci aux caprices de son amie, elle ne se tint pas de lui dire :
— Ariane, tu es vraiment méchante.
Ariane s’arrêta de rire et répondit sérieusement :
— Eh ! sans doute, je suis méchante. Mais pourquoi diable ne serais-je pas méchante, si cela m’amuse ?
La grosse blonde était stupéfaite.
Ariane continua :
— Veux-tu que je te dise une chose que tu ne découvriras jamais toute seule ? C’est précisément parce que je suis méchante que Nicolas m’aime. Et toi qui es bonne comme du pain, il ne t’aimera jamais.
A cette idée elle se mit à danser dans la chambre, car elle était, en outre, fort gamine, avait des accès de folle gaîté, tirait la langue aux gens dans la rue, faisait des niches à ses camarades et s’entendait comme nulle autre à exaspérer ses professeurs, sans toutefois jamais leur donner prise sur elle.