Mais ce n’étaient encore qu’escarmouches.
A la quatrième ou cinquième soirée, comme elle se rhabillait et qu’il fumait une cigarette assis au pied du lit, il fit, sans même y prendre garde, deux de ces questions banales que les hommes posent à leur maîtresse sortant de leurs bras.
Elle ne répondit pas. Il répéta la phrase.
Sans lever la tête vers lui, sans s’arrêter de rattacher ses bas, elle répondit avec nonchalance, comme si elle ne sentait pas le venin de sa réponse :
— J’attends la troisième question, celle que tous les hommes qui m’ont eue ont posée après les deux que vous venez de faire…
Constantin Michel pâlit. Il eut la force de se maîtriser, de ne pas ajouter un mot. Il termina sa cigarette, passa à la salle de bain, y resta plus longtemps que d’habitude. Lorsqu’il en sortit, minuit était sonné.
— Allons, dit-il.
Elle s’approcha de lui, s’appuya sur son bras et demanda :
— Qu’avez-vous aujourd’hui ? Vous paraissez triste. Je n’en suis pas la cause ?
— Rien, petite fille, rien, tu es délicieuse, comme toujours.