— Eh bien, que serait-il arrivé ?

— Ce qui arrive dans ces cas-là, cher et excellent ami. Nous aurions soupé et bu du Champagne. Puis nous serions revenus en automobile…

— Et alors ? dit Constantin d’une voix froide. A-t-il un appartement ? On ne reçoit pas les gens au milieu de la nuit dans les hôtels convenables.

— Restent les hôtels qui ne sont pas convenables, reprit la jeune fille. Et puis, du parc Petrovski au centre de Moscou, il y a vingt minutes. Et l’on peut allonger le chemin. Une automobile fermée, les secousses, l’ivresse du souper, un bras pressé autour de la taille, des lèvres passionnées sur votre cou… Enfin, je ne suis pas de bois, conclut-elle, et vous le savez mieux que personne…


Le lendemain de cette soirée, Constantin décida son départ pour Kief et l’annonça à la baronne Korting dans l’après-midi. Le soir, il avertit Ariane. Elle sursauta :

— Comment, vous partez le jour même de mon anniversaire ! Ce n’est pas gentil !

C’était la première fois qu’elle manifestait un sentiment à son endroit.

Il la prit dans ses bras.

— Il fallait me le dire, petite fille, fit-il. Comment pouvais-je savoir ? En tous cas, nous dînerons ensemble demain. Je ne pars qu’à onze heures et pour une semaine. A propos, quel âge as-tu donc ?