— J’ai du chagrin, fit-elle, en se serrant contre lui.

Il la pressa de questions. Elle refusait de répondre.

— Non, non, dit-elle, je ne puis pas. Si je te dis la vérité, tu ne m’aimeras plus ; tu me chasseras… C’est une chose affreuse.

Ces mots bouleversèrent Constantin. « Ah, se dit-il alors, elle m’a trompé, sans doute. Dans un mouvement de fureur, après une de nos innombrables querelles, elle s’est jetée dans les bras d’un homme… Aujourd’hui elle ne peut vivre avec ce fardeau… Puissé-je avoir la force de l’écouter. Que Dieu me donne le courage de me séparer d’elle et de mettre fin à ces tortures. Qu’elle parle enfin et je l’arracherai de moi. »

Déchiré par des sentiments contraires, tremblant à l’idée de perdre Ariane, il aurait voulu remettre l’explication décisive. Et en même temps il brûlait de savoir la vérité. Il s’efforçait de rassurer sa maîtresse, de lui persuader qu’il serait tout indulgence et que seul le mensonge rendrait inévitable une rupture. Il l’amena enfin à se confesser. Mais, brisée de sanglots, elle ne pouvait faire un récit. Il fallut deviner, poser des questions.

C’était d’argent qu’il s’agissait.

— De quoi crois-tu que je vis, ici ? lui demanda-t-elle.

— Je ne sais, répondit-il. Tu n’as jamais voulu me laisser aborder ce sujet… Sans doute de ce que te donne ta tante qui est riche.

— Je n’ai jamais eu un sou de ma tante, fit-elle.

Il y eut un long silence.