— Onik Agapiantz, bombiste.

C’est une spécialité des Arméniens que de fabriquer les bombes. Lorsque j’ai traversé pour la première fois le Caucase en 1905, pendant les troubles, les Arméniens luttaient contre les Tatars à coups de bombes et laissaient à ces Infidèles les fusils dont l’emploi leur paraissait démodé.


Il fait chaud ; il fait trop constamment chaud. Comment vivre à Téhéran pendant la canicule ?

La journée commence à l’aube, car on dort en plein air sur des galeries ou sur des terrasses. Aussi est-on réveillé par un soleil indiscret et impérieux dès cinq heures et demie. Je quitte ma couche dure et je me réfugie dans une pièce où l’on me sert du thé qui est bon, du pain qui n’a de commun avec le nôtre que le nom, car il ressemble à une serviette un peu épaisse, molle et sans saveur, et du beurre qui est presque du fromage. Je suis déjà fatigué : je mange du bout des dents.

Je vais au jardin près de l’eau. La température y est délicieuse. La brise matinale agite les feuilles ; les poissons viennent goûter dans un bond rapide la fraîcheur de l’air et replongent aussitôt ; un héron se promène et se félicite d’être né sous un ciel aussi clément.

Ces instants exquis sont brefs. Dès neuf heures, on commence à ressentir une vague inquiétude. Il vient de la chaleur on ne sait d’où. Est-ce de la terre et sommes-nous assis sur un volcan ? Est-ce de l’eau ? Est-ce de l’arbre sous lequel je repose ? Une heure plus tard, c’est une fournaise. Il faut fuir le jardin et se réfugier dans la maison.

La question est de savoir s’il vaut mieux étouffer à trente degrés dans des pièces hermétiquement closes ou cuire en plein air à quarante degrés. Suivant les jours, j’étouffe ou je cuis.

A midi le déjeuner est servi. Comment manger ?

Puis c’est la sieste. Mais comment dormir ?