—Si vous voulez, répondit-elle avec indifférence. J’ai sommeil.
A l’hôtel de Londres, le portier de nuit ne voulut pas les recevoir. Naudin qui commençait à se piquer s’informa d’un endroit où on les accueillerait pour la nuit.
—Pour la nuit, dit le portier, il vous faudrait vos passeports. Pour une heure ou deux, on vous prendra sans doute à l’hôtel Belmont.
Naudin, de plus en plus en colère, donna le nom de l’hôtel au soldat de l’automobile, sans même consulter sa compagne.
Quelques minutes plus tard, ils étaient reçus dans un hôtel louche par un garçon en chemise qui, leur ayant fait payer quelques roubles d’avance, leur ouvrit la porte d’une chambre.
La chaleur y était, derrière les fenêtres fermées, étouffante. Nadia se laissa tomber sur le lit.
—Je veux dormir, dit-elle, avec la moue d’un enfant fatigué.
—Déshabillez-vous, ma petite colombe, fit Alexandre Naudin qui lui-même commençait de se dévêtir et de procéder à une toilette sommaire sur un lavabo tremblant et exigu.
Cependant, sans bruit, Nadia se déshabillait et lorsqu’Alexandre Naudin se retourna il vit qu’elle était étendue nue sur les draps. Elle avait les yeux fermés et sa tête, renversée en arrière, s’appuyait sur le bras qui la soutenait.
Les lignes souples de son corps, les seins petits et de forme parfaite, les hanches à peine développées, le ventre plat sans une ride, les jambes fines, la fraîcheur et l’éclat de la chair offraient un admirable tableau aux yeux du jeune lieutenant.