Nous sommes très satisfaits de nos décisions. Nous en prendrions d’autres encore, si c’était nécessaire.
Sur quoi nous nous rendons à un dîner que nous offre le Mouchir ou ministre des affaires étrangères. Nous sommes dans un grand état d’excitation à l’idée du départ prochain.
A onze heures du soir, nous nous retirons en nous donnant rendez-vous le lendemain matin à quatre heures, bien exactement.
CHAPITRE VII
DE TÉHÉRAN A ISPAHAN OU LA DILIGENCE PERSANE
Dimanche 21 mai. Première journée.—Nous dormons peu. A trois heures, je suis réveillé. La pensée que nous partons pour Ispahan me donne la force de me lever.
A quatre heures, la diligence n’est pas là. J’envoie Aimé à la poste. La voiture arrive avec un grand retard. Peu importe, car nos jeunes ménages sont restés endormis dans leur maison persane. Ils ne sont prêts qu’à six heures. Cependant le soleil qui se lève tard en Perse brille déjà dans le ciel.
Nous attachons nos valises, nos lits de camp, les paniers de vivres sur le toit branlant du break et apprenons qu’il faut pour ce faire une bonne demi-heure.
Vers sept heures enfin, nous voici partis. Avant que d’avoir roulé, nous prenons une décision nouvelle; nous votons de ne pas nous reposer au milieu du jour et de ne coucher qu’à Koum (150 kilomètres) où nous comptons arriver dans la nuit, «in’ch’Allah,» si Dieu veut.