Nous envoyons Aimé, à cheval, chercher des bêtes de renfort à Kachan, car nos chevaux sont incapables du moindre effort.

Voici qu’à gauche au pied des dunes, des rivières se forment, se réunissent et coulent limpides et frissonnantes sous les arbres qui se reflètent en leurs eaux. Nous sommes entourés de mirages, mais la vision est si nette, si forte qu’elle crée à chaque fois l’illusion.

Aimé ne revient pas. Depuis plus de deux heures nous sommes immobilisés, dans la partie la plus chaude du désert, au milieu du jour, alors que personne en Perse n’oserait se risquer au dehors.

Autour de nous, c’est l’immensité morne des sables et les mirages décevants. Il n’y a pas un souffle d’air. Immobiles, nous cuisons sous le toit protecteur de la diligence.

Vers midi, Aimé revient avec trois chevaux et un second cocher.

Après maintes ruades, traits cassés, et secousses vaines, la diligence s’ébranle. Mais nous ne cheminons qu’au pas. Il nous faut deux heures pour gagner le relais.

Propos alternatifs pendant la quatrième étape.—Au relais.

—Aimé, y a-t-il une chambre?

—Non, monsieur.

—Un portique, au moins?