Mais, devant cette simple constatation qu’il n’y a rien, l’accès de mauvaise humeur finit par passer.
Nous sommes heureux de trouver un beau ruisseau où nous nous baignons, et du lait de chèvre que l’on trait devant nous, de petites chèvres noires qui descendent de la montagne.
Vers sept heures, nous voilà repartis. Depuis vingt-quatre heures, nous n’avons guère quitté la maudite diligence.
Nous nous engageons dans les montagnes.
Les chevaux tirent tant qu’ils peuvent: la piste que nous suivons monte par pentes brusques. Deux fois, trois fois déjà, nous avons été obligés de descendre pour pousser aux roues, et maintenant les chevaux s’arrêtent et se refusent à nous mener plus loin.
Après l’ensablement d’hier, arrêt dans les montagnes aujourd’hui. Nous connaîtrons toutes les émotions d’un voyage en diligence en Perse.
De nouveau nous dételons un cheval et envoyons Aimé chercher du renfort. Nous sommes à une heure du relais.
Nous voici donc pour quelque temps tranquilles.
Le soleil monte dans le ciel et commence à nous chauffer brutalement.
On est morne ce matin dans le coupé de la diligence. Quand verrons-nous Ispahan?