Si nous y parvenons jamais, dire qu’il faudra s’en revenir par cet identique chemin sur lequel nous avons tant souffert, et nous songeons à rester en Perse...
Aimé arrive en coup de vent dans le grenier.
—M’sieur, m’sieur, dit-il, nous sommes perdus, nous sommes perdus!
L’émotion l’empêche de parler. Enfin il reprend.
—Oui, le voleur a profité de votre sommeil; il a réuni une dizaine d’hommes, tous armés de carabines et de poignards. Et ils sont partis nous attendre dans les montagnes où nous devons passer!
Diable!
Aimé continue.
—Il en a laissé un ici pour l’avertir lorsque nous partirons.
Je sors sous l’arche d’entrée. C’est vrai, un homme à cheval, la carabine sur l’épaule, des cartouches lui cuirassant le ventre se promène devant la porte.
Et je rentre dans le grenier à foin.