—Les voilà, les voilà!

Grande émotion dans la diligence. Nous nous penchons pour mieux voir. En effet, on aperçoit des hommes là-bas, très loin, qui s’approchent des rochers; ils ont mis pied à terre.

Le moment est sans doute venu.

La diligence cahote lourdement et s’avance vers les rochers.

Il faut beaucoup plus de temps pour les atteindre que nous l’eussions imaginé. C’est moi qui suis chargé de parlementer avec le chef des brigands qui sait un peu d’anglais; je médite les fortes paroles que je lui adresserai.

Cependant, voici qu’à notre gauche, dans la vallée, d’autres hommes accourent vers la route. Ils seront trop. Une minute de plus se passe: on voit maintenant bien nettement les hommes assis ou debout près de la route; mais au même moment, nous découvrons dans un pli de terrain, qui jusqu’ici nous était caché, toute une caravane au repos, à portée de carabine de la piste que nous suivons. Cette caravane, c’est le salut. Les chameliers, les tchavardars sont les plus honnêtes des hommes. Près d’eux, point d’embuscade, point de guet-apens!

Quels soupirs de soulagement! Nous étions prêts à tout, mais que nous sommes heureux de n’avoir rien à donner!

Nous passons devant les chameliers qui sont venus nous regarder et continuons à travers la montagne.

Nous ne sommes pas encore hors d’affaire. Il est possible que les brigands préfèrent opérer de nuit.

Mais enfin nous avons échappé à un premier danger immédiat; nous ne voulons plus penser à des choses pénibles.