Sur le siège, couché derrière le cocher qui l’empêche de tomber, Aimé dort. Il n’a jamais fait un si beau voyage.

A trois heures, nous arrivons à Murchekar où se rejoignent la route que nous avons suivie et celle qui passe par les montagnes et Kuhrud pour atteindre Kachan.

Ici nous descendrons en tous cas et nous reposerons, fût-ce couchés sur la terre froide.

On nous montre, sous l’arche d’entrée de la poste, une espèce de trou dans lequel on descend par deux marches. Une fois là, on est dans un ancien four dont les murs sont noirs de fumée et qui ne reçoit de l’air que par une ouverture au sommet du dôme qui le couvre.

Des poules y ont fait leur logis.

Nous le leur prenons et les chassons dans la cour, où Aimé en attrape une à laquelle il tord le cou.

On peut juste mettre nos six lits de camp sur le sol bosselé de ce four. Il faut une heure pour descendre les valises et dresser les lits. Enfin, vers quatre heures, nous sommes couchés. Demain nous nous lèverons à huit heures pour arriver avant la nuit, in’ch’Allah, à Ispahan.

Sixième journée.—Vendredi 26 mai.—A huit heures, Aimé et le maître du relais nous réveillent. Nous dormions profondément dans une atmosphère plutôt lourde. Si nous ne savions pas Ispahan près de nous, nous n’aurions jamais la force de sortir de ce four.

La dernière étape: Le départ de Murchakhar.