Je commence à transporter les objets vénérables; je les mettrai dans le landau sous le matelas et coucherai dessus pour être certain de ne pas les perdre.

A ce moment arrive notre homme et nous entrons aussitôt en marché. Il m’indique le prix demandé; le marchandage est difficile; nous finissons par tomber d’accord à cent cinquante tomans et il ne reste plus qu’à payer.

Ici nouvelle difficulté. Avons-nous cent cinquante tomans sur nous? Nous vidons nos portefeuilles et nos sacs d’argent. A force de mettre les uns sur les autres des billets d’un et de deux tomans et d’aligner des pièces de deux krans, nous arrivons à réunir la somme. Nous emballons maintenant avec soin les plaques dans une caisse qui servit à transporter du matériel télégraphique, la caisse est solidement attachée derrière le landau, et à dix heures et demie nous quittons Kachan avec plus de quatre heures de retard.

Mais ces heures ont été bien employées.

Je suis si excité de ma découverte que, bien passé minuit, j’y rêve encore, étendu dans le landau, des étoiles plein les yeux.

Plaque de revêtement à reflets métalliques de l’époque mongole, fin XIIIe siècle.

Trouvée à Kachan.—Collection de l’auteur.

Lundi 6 juin.—Au dernier relais avant Koum, grande dispute. Il y a huit chevaux qui sont trop fatigués et on ne veut pas nous les donner. Mais nous n’avons qu’une idée: arriver à Koum où nous attendent Keller et la Mercédès et coucher à Téhéran dans les lits excellents de l’hôtel Reitz. Alors, de force, nous prenons les chevaux et les attelons pour nos derniers vingt-cinq kilomètres en voiture persane.

Un seul cocher est là; nous enjoignons à un palefrenier de monter sur le siège de la seconde voiture. A côté de lui s’installe Aimé qui se fait fort de nous conduire. Et nous partons tout de même.