Dans les rues de Marend.

Vendredi 19 mai.—Je remonte la voiture. Je commence à connaître mon métier.

Je pars à midi. Ici l’eau coule dans les rues. Je ne peux faire ces quinze premiers kilomètres qu’en première vitesse. Me voilà sur la terrible montagne Jam. Il y a une boue épaisse et gluante. Sur le plateau, l’auto enfonce et reste en panne. Dans l’effort pour sortir de là, l’axe casse de nouveau! C’est la troisième fois.

J’ai envie de pleurer de rage et de tristesse.

Il faut quatre heures de recherches pour trouver des bœufs. Cinq bœufs et vingt hommes travaillent pour me sortir du trou où je suis.

Je mets trente-deux heures sans une minute de repos pour arriver à Tabriz où je n’arrive que le samedi à huit heures du soir!

Dimanche 21 mai.—Remontage de la machine! je paie cinq cents francs pour un nouvel axe. Il faut deux jours pour le fabriquer. Cependant je visite Tabriz où la colonie européenne me fait fête...

Mardi 23 mai.—Je remonte la machine. Le gouverneur me donne une lettre pour la route, avec droit de réquisition.

Je promène mes aimables hôtes en voiture dans Tabriz.

Les Persans s’effarent à travers les bazars. On n’a jamais vu d’auto ici.