Cimetière à Trébizonde.

Nous voyons au hasard de nos courses d’admirables cimetières où les herbes folles poussent autour des anciennes pierres sculptées que gardent des cyprès séculaires. Ces cimetières nombreux forment de beaux et mélancoliques jardins au cœur de la ville.

Cimetière turc à Trébizonde.

Nous grimpons à un couvent grec au sommet de la colline. La dernière partie de la course se fait à pied. Nous gravissons un sentier abrupt, puis des marches et arrivons dans l’enceinte du couvent. Là, groupés de façon pittoresque sur deux terrasses, sont les bâtiments du couvent, un portique qui semble pris d’une fresque de Fra Angelico et sous lequel des nonnes filent de la laine à l’aide de vieux rouets d’une forme bizarre, une petite église, une chapelle taillée dans le roc. Sous la conduite d’un prêtre à barbe blanche, nous entrons dans le couvent: dans chaque chambre une nonne travaille à un métier à tisser la toile.

Monastère orthodoxe à Trébizonde.

De la terrasse supérieure, la vue est admirable sur Trébizonde étalée à nos pieds. Nous dominons la ville de si haut que les deux crêtes et les deux vallées dont nous avons franchi les pentes raides semblent sur un même plan. Les ruines du château d’Alexis Commène montrent leurs murs noircis encore debout; les toits des maisons pressées les unes contre les autres sont couverts de tuiles au ton chaud; des minarets blancs élancés mettent une note claire dans le paysage où les cimetières font des taches de verdure. Dans les trois petites baies la mer vient mourir en franges d’écume sur le sable et s’en va, bleue ou glauque suivant la lumière, jusqu’à l’horizon lointain.

Nous goûtons dans un café en plein air, buvons une tasse de moka et mangeons du rahat parfumé à la rose et à la vanille.