On déjeunera au chapar khané de Kaswyn qui est à cent cinquante kilomètres de Téhéran.
A Téhéran, nous avons été, Emmanuel Bibesco et moi, logés à l’hôtel anglais et très convenablement. Nos compagnons de route ont accepté la maison que le gouvernement mettait à notre disposition. Mais le matin on faisait chauffer l’eau pour le tub au samovar!
A mon avis huit jours suffisent pour voir Téhéran et ses environs.
Dès l’arrivée à Téhéran, il faut s’occuper de faire partir par poste vers Ispahan deux des caisses de pétrole. On adressera l’une, avec l’autorisation du ministre d’Angleterre, au chef du poste du télégraphe indien à Kachan. L’autre au consul de Russie ou d’Angleterre à Ispahan. La poste ne part que toutes les semaines et met à peu près quatre jours pour le trajet.
Il faut donc être assuré de trouver votre caisse d’essence à Kachan.
Les étapes principales de la route Téhéran-Ispahan sont les suivantes:
Koum est à cent cinquante kilomètres. Comme nous l’avons dit nous avons couvert cette distance en cinq heures et demie. La route est très dure, mais passable. Le bazar de Koum est étroit et tortueux. Une voiture au châssis long y trouvera quelques difficultés. A la sortie de Koum, quelques kilomètres pénibles à cause du délabrement dans lequel sont laissés les canaux d’irrigation; les uns ont débordé et il faut franchir des mares peu profondes; la voûte qui recouvre les autres est par places écroulée.
Ici les madriers dont on se sera muni à Téhéran seront nécessaires pour passer quelque canal dont les bords sont effondrés et le lendemain pour traverser le désert de sable à la sortie de Kachan.
Le trajet Koum-Kachan est de cent kilomètres à peu près constamment dans les montagnes.
Il n’y a pas, à proprement parler, de route, mais une piste dure où l’on est secoué, mais où on peut passer sans grosse difficulté.