Mais les renseignements sur le Caucase où nous allons sont détestables. Les trains ne circulent plus que de jour; on met trente heures pour faire ce qui en demandait dix; les rails sont enlevés devant les trains par les grévistes, des actes de brigandage commis sur les routes sans que la force publique puisse intervenir, les paysans et les montagnards révoltés; sur quoi, nous décidons de ne rien changer à notre plan et de traverser le Caucase, coûte que coûte.
En attendant, nous nous promenons à Odessa dans de ridicules petites voitures où une personne un peu forte s’assiérait à peine. Nous allons à la cathédrale voir les popes aux longs cheveux de femme. Nous faisons des achats de conserves pour la Crimée et passons ainsi trois jours agréables et inutiles.
Les petites voitures d’Odessa, étroites pour une personne un peu forte.
Le lundi 17 avril, à quatre heures, nous prenons, avec tous nos colis, nos malles et les trois autos le bateau qui part pour Sébastopol. Nous arrivons à être d’une grande habileté dans l’embarquement des autos.
A cinq heures, nous filons sur une mer bleue et rose, à la Renoir.
CHAPITRE II
LA CRIMÉE
Mardi 18 avril.—Lorsque nous montons sur le pont, vers sept heures du matin, la côte de Crimée apparaît indistincte dans les brumes d’où sortent bientôt des montagnes, tout un pays bleu pâle; et enfin nous découvrons, au fond d’une baie, Sébastopol.