C’était une des manœuvres les plus risquées que nous ayons faites au cours de ce voyage.

Nous retrouvons dans trois cabines tous nos bagages. Douce joie!

Et, vers dix heures, après le difficile embarquement des automobiles, nous quittons le port par une nuit magnifique sous la lune qui éclaire les terrasses blanches et les villas endormies d’Yalta.

CHAPITRE III
LE CAUCASE

I

Samedi, 22 avril. A bord du Grand-Duc-Boris.—Nous longeons la côte de Crimée dans un brouillard léger et bleuté qui, parfois se dissipant, nous laisse voir un pays aride, montueux, de collines crayeuses, peu élevées, désertes toujours.

Nous passons devant Féodosie et ne faisons que l’entrevoir.

Vers trois heures, nous sommes à l’entrée de la mer d’Azof, en vue de Kertch, l’ancienne Panticapée des Grecs. Sur la colline qui surmonte la ville, est une tour carrée, tombeau d’un Mithridate.