Hélas! les télégrammes sont de l’étranger et presque tous de France.
Premier télégramme: «Troubles graves à Limoges, la foule a forcé les portes de l’usine Haviland, le drapeau américain a été déployé.»
Second télégramme: «Désordres révolutionnaires à Limoges, on envoie des troupes de renfort.»
Troisième télégramme: «Un auto a été brûlé; la troupe attaquée tire (cet indicatif présent est terrifiant) sur la foule.»
Il y en a ainsi trois colonnes.
Mon traducteur, d’un ton doucement grondeur, me dit:
—Vous serez donc toujours des révolutionnaires! La situation est grave en France. J’avais l’intention d’y faire un voyage d’agrément cet été. Il sera plus prudent d’attendre. Je reste en Russie.
Je n’ai pas regretté les cinq kopecks que m’a coûtés la feuille de télégrammes.
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Le baromètre est toujours à 740. Nous quittons Novorossisk par fort vent d’ouest.