A midi, nous sommes reçus par le gouverneur général, qui est, d’aspect, un pur mongol. Nous apprenons chez lui de fâcheuses nouvelles.
La seule route qui mène de Batoum à Tiflis passe un col élevé à Akhaltsikh. Or, à la suite des mauvais temps qui règnent depuis un mois, la couche de neige est si épaisse que toute communication par route est interrompue avec Tiflis. Il est donc impossible d’accomplir notre projet et d’arriver dans la capitale du Caucase en automobile, et nous voilà fort déconfits.
Je ne suis pas très étonné d’apprendre que le col d’Akhaltsikh est impraticable, lorsque je vois sur la carte qu’il est à près de deux mille mètres d’altitude. Nous avons été arrêtés par la neige à treize cents mètres au-dessus d’Yalta.
Que faire? Nous décidons d’excursionner dans les environs vantés de Batoum. On nous a parlé de la vallée magnifique du Tchorok, nous la remonterons en auto.
Il me semble bien voir un peu de mécontentement sur la figure du général, mais il ne dit rien.
Puis nous prendrons le train pour Koutaïs et verrons si de Koutaïs on peut atteindre Tiflis par le col de Mamison et ensuite par le défilé du Darial en suivant la célèbre «route militaire géorgienne».
Nous prions le général d’approuver notre projet. Il approuve. Alors nous lui demandons si les trains marchent sur Koutaïs.—Un instant d’embarras. «Non, les trains ne marchent pas précisément, mais ils marcheront, ils marcheront sûrement. Vous ne partez ni aujourd’hui, ni demain; nous vous gardons; eh bien! après, à la grâce de Dieu, ils marcheront, et vous arriverez à Koutaïs.»
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Comment on voyage sur les routes du Caucase.