Un admirable pouilleux sur la route entre Kaswyn et Téhéran.

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La nuit descend alors que nous sommes sur route. A chaque relais nous mangeons, pour nous soutenir, un œuf dur et buvons du thé léger.

Nous avons, paraît-il, une grande rivière à traverser à gué. Une des arches du pont a été emportée par une crue subite.

Entre Kaswyn et Téhéran. Une arche du pont écroulée dans la rivière.

Là, les cochers déclarent qu’ils ne veulent pas chercher le gué de nuit. En vain Emmanuel Bibesco promet au maître de poste, qui comprend le russe, un pourboire énorme; aucun cocher n’ose monter sur le siège. Ils déclarent que c’est impossible, que nous serons emportés par le courant.

Et nous voilà obligés de descendre les bagages pour une nuit hasardeuse dans un chapar khané.

Nous sommes de très mauvaise humeur.

Le relais est, ici, un monument considérable. Dans la nuit, nous passons sous une voûte profonde; à gauche, des cochers sont rassemblés autour d’un feu de braises; puis nous entrons dans un jardin entouré de bâtiments; une lune amie nous montre de beaux arbres et des fleurs endormies. Nous gravissons un escalier aux marches trop hautes et arrivons sur des terrasses baignées d’une lumière argentée. Là, après un trajet assez long, on nous ouvre la porte d’une petite chambre carrelée, dont les murs sont passés à la chaux et qui semble d’une parfaite propreté. Elle a, chose remarquable, deux lits de fer et deux paillasses, une table et deux chaises.