Nous venons de décrire le grand combat.
Toutes les femmes ne le livrent pas. Il en est qui ne connaissent pas le remords. (J’aimerais qu’on fît une exacte étude psychologique du remords). La plupart des femmes qui prennent un premier amant s’y décident après une lutte que les circonstances rendent plus ou moins longue. Même celles dont l’esprit est le plus affranchi ne se donnent pas aisément.
Le changement si grand dans les habitudes, la puissance séculaire de la tradition religieuse, morale et sociale selon laquelle la femme doit être la femme d’un seul homme, tout contribue à rendre difficile le passage du mari à l’amant.
Dans ce conflit l’amour a contre lui des adversaires redoutables et divers :
1o la pudeur d’abord, si naturelle à la femme. Comment se dévêtir devant un homme, se livrer nue à ses caresses ?
2o l’idée du partage, horrible à beaucoup de femmes, insurmontable pour certaines d’entre elles. Comment être à la fois la femme de deux hommes ?
3o les risques à courir, perdre sa réputation et, pire, sa position.
4o les enfants, ceux que l’on a, et ceux que l’on craint d’avoir.
5o le mensonge. Il y a des gens qui sont très mal faits pour mentir. Ce peut être une joie de tromper un mari jaloux ; c’est une trahison de tromper un mari qui vous aime et qui a confiance en vous.