La société a raison de traiter l’amour en ennemi, car il franchit d’un pied libre les petites barrières qu’elle a élevées avec tant de soin entre les gens, et ne respecte pas même la chose qui lui est la plus sacrée : l’argent.


La société dit : « Les hommes aiment où ils veulent, mais il est préférable que les femmes aiment dans leur monde. »

On aime où l’on peut.


A la suite d’un malentendu vieux comme le monde, l’amour avait gardé un pied dans le mariage. La société travaille à l’en expulser. Pour y réussir, elle a inventé la dot.


Elle dit :

Le mariage doit être fondé sur le roc d’une affection durable. On ne doit mettre en commun que des intérêts permanents, des avantages sociaux de même nature. L’amour construit sur le sable. Il emploie n’importe quels matériaux. Il prend un malin plaisir à rapprocher ce qui, socialement, doit rester dans des castes opposées. Et puis il ne dure guère. « J’aime aujourd’hui, je n’aimais pas hier, aimerai-je demain ? » Il est violent, transitoire et brouille-tout. Il n’en faut pas.