— Est-ce avec votre âme, chère madame, que vous faites vos enfants ?


Dans une société qui serait assez forte pour imposer le seul mariage d’intérêt on verrait grandir soudain le rôle de l’amant.

La société l’accepterait. Elle comprendrait que pour avoir les meilleurs produits, il n’y a qu’à laisser faire l’amour qui ne se trompe guère et qui, en tout cas, agit toujours d’une façon désintéressée pour le bien de l’espèce. Et ne lui reprochons pas la médiocrité des résultats qu’il obtient trop souvent, mais voyons plutôt, comme je l’ai déjà dit, les éléments avariés que nous lui livrons.

Ainsi, puisqu’on interdira aux époux d’assurer entre eux le développement de l’espèce, ce sera donc l’amant, celui qui est beau et rafraîchissant comme un orage après une lourde journée de chaleur, qui fera les enfants.


Il deviendra un membre nécessaire de la société.

Il sera le Messie attendu dans chaque ménage.

Il aura la fierté de son rôle et ne se cachera plus dans les armoires, marchera auréolé d’admiration et de reconnaissance. Aucun homme ne rendra plus de service à la communauté que ce passant prestigieux.