Les femmes intellectuelles comprennent mal ce que recherche l’homme. Elles s’adressent à son intelligence, mais ce n’est pas son esprit qui est à conquérir. Elles peuvent l’intéresser, elles ne le charment pas.
L’homme désire très rarement engager un commerce d’idées abstraites avec la femme. C’est autre chose qu’il lui demande. Il veut trouver une sensibilité neuve et vibrante, se rapprocher de la nature dont les spéculations de l’esprit l’ont éloigné ! Et plus il est d’intellectualité développée, de haute culture, raffinée et livresque, plus aussi il goûte le charme profond, unique, incomparable de l’instinct, les ressources d’une sensibilité aussi riche que la sienne, et différente, — et plus aussi, ce qui est appris, factice, pas sincère chez la femme lui est odieux.
Il sait que rien n’est plus affreux que la prétention intellectuelle, que la soi-disant culture dont tant de personnes pédantes se vantent : il ne se laisse pas tromper par ce vernis si mince, si glacé des idées qui recouvre, neuf fois sur dix, le désordre et l’ignorance la plus absolue.
Il est évident qu’il y a des femmes belles et sottes. Hélas ! nous en connaissons qui sont, à dire vrai, inabordables ! Mais les femmes à sensibilité vive sont-elles prêtes à admettre qu’elles sont laides parce que sensibles ?
L’intelligence, c’est l’apport de l’homme. Non pas qu’il se décide et qu’il agisse en ces matières suivant des motifs intellectuels. La source de nos actions n’est pas dans l’intelligence. C’est dans la sensibilité qu’il faut la chercher. Mais l’intelligence donne une vue des choses. Elle offre un spectacle, et rien de plus, un spectacle logiquement orné et bellement arrangé ; c’est la joie de trouver un sens et d’imposer une explication cohérente et claire à ce qui n’est peut-être, en réalité, que désordre et chaos obscur.
Mais il est une intelligence que la femme possède à un point plus aigu que nous ; ce n’est pas une intelligence de luxe, inutile, contemplative, de haute compréhension des lois générales et des rapports abstraits. C’est une intelligence toute pratique de la vie, des rapports réels d’elle aux autres êtres et aux choses ; c’est la compréhension la plus rapide la plus lumineuse de ce qui lui est utile et de ce qui lui est mauvais, de ce qu’il faut prendre et ce qu’il faut rejeter…
INSTINCT ET INTELLIGENCE
Essayons de montrer clairement l’utilité de l’instinct et la futilité de l’intelligence dans les choses de l’amour.
Voit-on les femmes les plus intelligentes être les plus heureuses en amour, même si elles ont pour elles, en plus de l’intelligence, la beauté ? Elles ont de la culture, elles lisent, elles expliquent, elles raisonnent à ravir de ceci et de cela ; elles arrangent à merveille leurs intérêts, leurs snobismes, leurs relations ; elles parlent de toutes choses avec un vocabulaire suffisant, et surtout de l’amour sur lequel elles pensent tout savoir et mieux que personne ; elles le jugent et commentent avec des mots choisis et élégants. Mais lorsqu’elles passent à l’action, comme on est étonné de les trouver maladroites, et gauches, et gênées ! Leur attitude alors a quelque chose de faux, de contraint ; ce qu’elles font, elles le font mal, sans spontanéité, par calcul et réflexion ; il y a toujours en elles du trop ou du trop peu.