Si on se décide à publier un livre sur l’amour, il faut avoir les femmes avec soi.

Pourtant qu’ai-je fait pour me les concilier ?

Quand j’y réfléchis, je suis épouvanté à voir que j’ai parlé, d’elles comme de nous, avec une sincérité naïve et dangereuse et que je ne leur ai pas offert, pour me les rendre favorables, les doucereux bonbons que nos confiseurs de lettres à la mode s’entendent si bien à confectionner pour leur plaire.

Mais elles ne s’y tromperont pas et reconnaîtront qu’il y a plus d’estime véritable dans la franchise dont j’use que dans les hommages serviles qu’on leur rend. J’imagine que les femmes, — ai-je tort ? — ne font pas grand cas de qui les flatte et qu’elles ont un peu de mépris pour qui ne sait que s’humilier devant elles et s’abaisser ?

Je ne dirai pour me défendre que ceci : Qui s’y connaît mieux en courage que les femmes ? Ne sont-elles pas plus audacieuses que nous ? Alors peut-être me pardonneront-elles d’avoir parlé librement d’elles, — en homme courageux.


Ceci est donc le livre d’un homme.

Ce n’est pas une raison, après tout, pour qu’il déplaise aux femmes.