— L’homme aimé a seul le droit de donner des coups.

Que l’homme qui veut se débarrasser d’une maîtresse trop aimante ne s’imagine pas qu’il suffit de la battre pour amener une rupture. Elle sera plus tendre après la raclée qu’avant.


Ayant démontré à la satisfaction de l’un et l’autre sexe la nécessité de battre les femmes, passons maintenant à la seconde partie de notre sujet : Comment faut-il battre nos délicates compagnes ?

Disons-le tout de suite. Il ne s’agit pas de les battre souvent et sans raison. Ce serait un exercice fatigant et qui deviendrait bientôt inutile, car l’effet diminuant à l’usage — on s’habitue à tout, — vous seriez bientôt obligé d’augmenter démesurément la dose. Ainsi en est-il des fumeurs d’opium. L’exquis et rare Thomas de Quincey prenait jusqu’à trois mille gouttes de laudanum par jour. Songez à ce que serait la vie d’un homme obligé de donner trois cent coups par vingt-quatre heures à la chère moitié de son âme. Il s’userait la peau, le malheureux !

Il ne faut battre que rarement et méditer le mot de Machiavel, qui recommande au tyran de faire toutes les cruautés nécessaires d’un seul coup. Qu’on laisse donc passer quelques scènes sans bouger ; qu’on se contente d’avertir calmement, mais avec conviction, une fois ou deux, pas plus. Alors, à la prochaine scène, on frappe.

Un seul coup bien porté peut suffire. Il faut que notre faible amie sente en sa chair la force supérieure de notre musculature. L’effet est produit : au lieu de s’énerver, elle pleure ; elle est heureuse.


Le triomphe de la civilisation, je le vois dans l’homme impassible, sans colère, qui bat par raison. Il y a entre lui et la brute qui frappe en fureur, la différence qui existe entre l’assassin qui plante son couteau dans le dos d’un « pante », et le chirurgien qui, lui aussi, enfonce de l’acier dans une chair vivante.