« Elles se défendent. » Mot terrible !

Elles ne pensent plus à autre chose, au lit, à la promenade, à table. Pour maigrir, elles ne reculent devant aucun sacrifice ; elles ne boivent pas, marchent à jeun, se font masser et supportent la souffrance des corsets étroitement serrés.

Elles ont raison.

Si elles engraissent, elles cessent d’être femmes.

C’est tellement vrai que la nature, elle-même, se refuse alors à les considérer comme telles et, à un certain degré d’embonpoint, leur dénie la possibilité d’être mères.


Voici une femme belle, enfin. Elle est grande, la tête petite, les seins droits, les hanches pleines.

Regardez-la, regardez-la vite. N’en perdez rien, remplissez-vous les yeux, car, hélas ! elle n’a que quelques heures de beauté, si brèves. Bientôt elle sera flétrie et ne sauvera les apparences que grâce aux artifices savants de la toilette.

A-t-elle des enfants ? Son ventre se plisse. — Prend-elle de l’embonpoint ? Ses seins, ses joues tombent, son menton se double et se triple. — Elle maigrit, au contraire. Alors, elle devient quelque chose de ridé, de mort.

Osons le dire. L’homme est, absolument parlant, et pour l’ensemble, plus beau. Il résiste mieux à l’usure des années, se déforme moins vite. Vous trouverez deux ou trois adolescents très beaux à dix-huit ans pour une adolescente sans reproche. Mais ces jeunes gens, s’ils mènent une vie normale, s’ils cultivent leurs corps par l’athlétisme, s’ils évitent l’alcoolisme, ils peuvent être à quarante-cinq ans, des hommes beaux encore.